Le Lien | The Link

Dillon Orr

Episode Notes

Saison 2, épisode 1 - L'esprit entrepreneurial dans l’univers du théâtre

Dans cet épisode, l’animatrice Nicolette Addesa (B.A. 2014; M.Comm 2016), explore avec Dillon Orr (B.A. Théâtre 2012), auteur et metteur en scène, la créativité à votre esprit entrepreneurial.

Prochainement : Épisode 2 (en anglais) avec Sharon Wong (B.Sc.Informatique), explore avec Anthony Bagnulo (B.Sc.A. 2010), responsable de l'ingénierie, l'importance de persévérer en tant qu'entrepreneur

 

Season 2, Episode 1 - Leveraging an Entrepreneurial Mindset in the Theatre Space

In this episode, host Nicolette Addesa (BA '14; MComm '16), is joined by Dillon Orr (BA '17), author and director. Together, they discuss the importance of leveraging an entrepreneurial mindset in the theatre space. This episode is in French only, but the English transcription is available on our Simplecast platform.

Coming up next: Episode 2 (in English) with Sharon Wong (BSc Comp. Sci) and Anthony Bagnulo (BASc '10)  as they speak about Persevering as an Entrepreneur

 

For more news about The Link and the Entrepreneurship Hub at uOttawa, check out our social media and website here!

Pour plus d'informations sur Le Lien et le Carrefour de l'entrepreneuriat de l'Université d'Ottawa, consultez nos médias sociaux et notre site web ici!

Instagram  |  LinkedIn  |  Facebook   |  Twitter  |  YouTube

Episode Transcription

Transcription française

English translation below

[musique]

Nicolette Addesa : Bienvenue à cette série intitulée « Le lien ». Mettons en vedette les parcours entrepreneuriaux des diplômés de l'Université d'Ottawa du monde entier. Restez à l'écoute et découvrez comment nos invités provenant de nombreux horizons ont donné vie à leurs idées et à leurs passions. Nous allons explorer les mesures qu'ils ont prises, les problèmes qu'ils ont surmontés et les leçons apprises. Je m'appelle Nicolette Addesa et je suis diplômée de l'Université d'Ottawa, du programme de communication. Je serai votre animatrice lors de cette série.

Dillon Orr est un metteur en scène franco-ontarien de la région de Détroit. Il est diplômé du département de théâtre de l'Université d'Ottawa et de l'École nationale de théâtre du Canada. S'intéressant de près au développement et à la production de nouvelles pièces, Dillon est lauréat du prix Paulette Gagnon et du Prix national d'excellence RBC.

Bonjour Dillon. Merci d'être avec nous.

Dillon Orr : Bonjour, comment allez-vous ?

Nicolette Addesa : Je vais très bien. Je suis heureuse de vous voir aujourd'hui. Merci d'être là. Quand j'étais à l'école, les gens me disaient souvent : " Que vas-tu faire avec ton diplôme en art ? ".

Petit à petit, non seulement grâce à ces rencontres avec nos diplômés, mais aussi tout au long de ma carrière, je me rends compte que la question est maintenant : "Qu'est-ce que je ne peux pas faire avec mon diplôme d'art ?" Je pense que les diplômes d'art nous aident beaucoup à... Ça m'a donné des compétences de pensée critique, de résolution de problèmes, de débrouillardise, toutes les compétences que j'utilise tous les jours.

Ce sont aussi des compétences entrepreneuriales. Ma question est la suivante : vous considérez-vous comme un entrepreneur, et dans quelle mesure avez-vous l'esprit d'entreprise au quotidien ?

Dillon Orr : C'est drôle de dire ça parce que je suis un artiste. Les gens disent souvent que ces deux choses ne vont pas bien ensemble, mais je dirais que oui, je suis un entrepreneur. La définition dit qu'il s'agit essentiellement d'entreprendre un projet dès le début et de le suivre jusqu'à la fin.

C'est exactement ce que je fais avec mes projets, mes émissions, mes scripts, tout. C'est ce qui a fait la force de cette faculté et du programme de théâtre, car ils touchent à beaucoup de choses. La principale chose, je dois dire, ce sont les possibilités de réseautage dans cette université.

En tant que Franco-Ontarien, je dis souvent qu'Ottawa est la capitale des Franco-Ontariens. Ils ont la force du nombre, les institutions sont là, les associations, ils ont tout, donc le réseautage était beaucoup plus facile pour moi. 

Nicolette Addesa :  Je suis d'accord, et la plupart de vos professeurs ont eu des carrières assez intéressantes. Vous aussi avez eu et continuez à avoir une carrière intéressante. Vous avez reçu de nombreux prix, je vais en citer quelques-uns. Vous avez reçu le prix de l'Ontario en 2016, le prix national RBC en 2019 de la Fondation pour l'avancement du théâtre francophone au Canada. En 2020, vous avez également remporté plusieurs prix : Coup de foudre du Réseau Ontario, le prix Coup de foudre scolaire et le prix ROSEQ, plus [...] et le Contact Ontarois 2020. Tout récemment, en 2021, vous avez remporté le prestigieux prix Pauline McGibbon. Félicitations. 

Dillon Orr : Merci.

Nicolette Addesa :  C'est beaucoup. Tout le monde s'accorde à dire que vous continuez à avoir un impact assez important sur votre secteur. Maintenant, je me demande quel a été l'impact de COVID-19 sur votre industrie, et comment vous avez réussi à vous adapter ?

Dillon Orr : L'impact a été instantané en ce sens que lorsque la pandémie a frappé, nous venions de terminer notre première semaine de représentation d'une pièce coproduite par le Théâtre français de Toronto et le Théâtre du Nouvel-Ontario, à Sudbury. Nous avons dû écourter le spectacle. J'avais des actrices d'un peu partout au Canada.

C'est drôle de dire qu'à l'époque, on les renvoyait chez elles, à Moncton, Toronto, Ottawa, Montréal, un peu partout. Il était impossible de faire du théâtre, car il fallait s'enfermer dans une pièce avec beaucoup de gens assis les uns à côté des autres et raconter des histoires dans le noir.

C'est comme ça que j'aime faire les choses et ce n'était pas du tout possible pendant la pandémie. J'ai dû me réadapter et il y avait de nombreuses façons de le faire. Je me suis beaucoup concentré sur l'écriture. Le Conseil des arts du Canada et les conseils des arts provinciaux accordent des subventions pour l'écriture, la recherche et la création aux artistes qui sont prêts à étudier n'importe quel sujet.

C'est la première façon dont je me suis réadaptée. J'ai également travaillé en partenariat avec le Théâtre du Nouvel-Ontario à Sudbury pendant la pandémie. À l'époque, je vivais à Toronto, j'ai pris toutes mes affaires et j'ai déménagé dans le Nord. J'avais déjà travaillé là-bas, mais c'était la première fois que j'y vivais.

La compagnie a dû se produire pendant la pandémie, alors j'ai décidé de relancer les choses et de trouver des projets. Nous avons fait un spectacle appelé Shack à Patate, qui consistait à créer une équipe avec des musiciens, des comédiens, des clowns, des jongleurs, tout ce que vous voulez, mais le public pouvait... C'était gratuit parce que nous avions beaucoup d'argent. Les conseils des arts n'arrêtaient pas de nous donner de l'argent, alors nous devions le dépenser d'une manière ou d'une autre. Cela rendait toutes nos pièces extrêmement accessibles.

Il n'y avait pas de frais d'entrée, pas de billets payants. De plus, nous ne savions pas qui allait y assister. C'était très amusant. Nous pouvions nous promener dans les rues, dans les parkings, les gens venaient vers nous et commandaient un spectacle de clowns de trois minutes ou deux chansons de quatre minutes ou autre. Le principal impact a été... Au théâtre, lorsque nous travaillons sur un scénario, au début d'un projet, nous faisons ce que nous appelons des laboratoires.

Nous nous enfermons dans une pièce avec des acteurs, parfois des concepteurs pour examiner le projet en profondeur, et poser toutes les questions. Après cela, nous nous posons la question suivante : "Est-ce que ça vaut le coup ? Est-il digne d'être produit ? Est-ce que ça vaut le coup de continuer ce projet maintenant ou est-ce qu'il manque encore quelque chose ?". Nous ne pouvions même pas nous réunir dans un théâtre, nos théâtres n'étaient pas disponibles pour nous. Nous devions tout faire à l'extérieur. Nous avons fait un laboratoire à l'extérieur. C'était bien, et c'est de là qu'est venue l'idée de faire du théâtre radiophonique.

[rires]

J'ai appelé CBC.

Nicolette Addesa :  S'il vous plaît, dites-nous un peu plus à ce sujet.

Dillon Orr : J'ai appelé CBC et j'ai dit : " J'ai un scénario, j'ai des acteurs, j'ai beaucoup de choses. Seriez-vous d'accord pour que j'explore mon scénario sur votre radio, avec une capsule de dix minutes chaque semaine ? ". Chaque mercredi, on se réunissait, on répétait pendant trois heures. Nous travaillions sur le scénario, puis nous enregistrions les dix minutes qui seraient diffusées à la radio le samedi suivant.

C'est l'émission provinciale du samedi matin sur Radio-Canada Ontario. Nous en avons fait deux. J'en ai fait deux, j'ai fait la première version à Sudbury avec un scénario de Michel Ouellet, et avec de grands acteurs. Puis je suis allé à Toronto pour faire la même chose avec l'équipe du Théâtre français de Toronto, et avec Lara Arabian. C'est une grande actrice de Toronto. C'était quelque chose parce que je me suis rendu compte qu'on ne faisait plus de feuilletons radiophoniques.

[rires]

La première chose dont on s'est rendu compte, c'est que les contrats et les accords entre les syndicats d'artistes, les associations de compagnies théâtrales et la CBC, le diffuseur, n'existaient plus et/ou n'existaient que dans le format s. C'était la dernière fois que l'on faisait des fictions radiophoniques. C'était la dernière fois que l'on faisait encore des dramatiques radiophoniques. Il fallait donc revoir tout cela, d'autant plus qu'aujourd'hui, tout était en ligne. Nous avons dû défendre la pérennité de notre art en arguant que " nous faisons du théâtre, nous ne voulons pas que ce soit un spectacle qui soit accessible pendant dix ans. Ce n'est pas ce que nous faisons." Ce que nous faisons est très lié au temps. 

Il fait partie de l'ici et maintenant, plus que la télévision ou le cinéma. Il a fallu beaucoup de travail et de négociations pour trouver le bon contrat et la manière d'y parvenir. C'était à peu près la première fois que je travaillais sur ce type de contrat, mais j'ai beaucoup appris, et c'était amusant. C'était aussi amusant de faire de la radio différemment. Je suis un commentateur de Radio-Canada, et j'ai le droit d'exprimer mes opinions et parfois de dire des choses stupides en ondes.

Ce projet était différent, c'était un contenu artistique, je devais diriger les acteurs et créer une expérience audio unique. C'était complètement différent, mais c'était amusant. J'ai maintenant deux scripts qui ont été diffusés à la radio.

À l'automne, je présenterai l'un d'eux au CNA, en personne. Nous allons utiliser ce que nous avons créé pour la radio, et un chorégraphe nous aidera à trouver une façon de le transposer sur scène et de voir si c'est intéressant. 

Nicolette Addesa :  S'il vous plaît, faites-moi savoir quand ce sera le cas. J'aimerais beaucoup aller la voir.

Dillon Orr : Absolument.

[rires]

Nicolette Addesa :  Beaucoup d'entre nous ont une idée d'entreprise qui mijote dans leur esprit. Je me demande comment on passe d'une idée à la réalité ? Par où commence-t-on ?

Dillon Orr : Quand j'ai des idées, ce ne sont pas des idées d'entreprise, ce sont des idées de projet. Je suis ma propre entreprise en tant qu'artiste et je lance des projets. Cela peut venir de plusieurs endroits. Il y aura toujours une inspiration, c'est la partie facile, mais ce n'est pas tous les jours que je serai inspiré, qu'une idée me viendra à l'esprit pendant que je bois mon café.

Cela arrive parfois, et c'est excitant quand cela arrive. Je regarde souvent ce qui se passe avec les conseils des arts pour savoir quel groupe ou quels sujets sont actuellement prioritaires. Je parle beaucoup avec les diffuseurs, les personnes qui vont acheter les émissions. Quelle est leur force de travail, leur mission ? Que veulent-ils réaliser avec leurs programmes ? Souhaitent-ils parler de ceci ou de cela ? Quel genre d'artiste veulent-ils voir ?

Ces éléments changeront à chaque fois que le gouvernement et le conseil des arts changeront. Donc, en ce moment, je travaille beaucoup sur l'identité sexuelle. C'est tendance, c'est à la mode, mais aussi parce qu'ils ont grandement besoin d'une représentation médiatique. J'ai un spectacle pour adultes et un spectacle pour enfants sur le même sujet, mais avec des histoires différentes. C'est juste qu'il s'agit de la transidentité.

Pour les enfants, c'est l'histoire d'un petit garçon de neuf ans qui a fait son coming out en 4ème année en tant que transgenre et comment il le fait différemment à l'école, et à la maison. C'est un spectacle important. C'est un sujet que les conseils des arts, les conseils scolaires et les Terres de jeunesse cherchent à...

 Nicolette Addesa :  Ils sont à la recherche de ça, je suppose.

Dillon Orr : C'est ça, je réponds à une demande. Pour le Conseil des arts de l'Ontario, l'identité sexuelle est un sujet prioritaire en ce moment. Donc, c'est, je ne dirais pas un moyen facile, de trouver un sujet ou de trouver une forme qui va se vendre - je n'aime pas utiliser le mot vendre, mais il faut que ça parle à quelqu'un. Je ne peux pas me contenter de faire du théâtre pour moi et mes amis qui vont venir me voir. Il doit s'adresser à un public plus large. 

Nicolette Addesa : Cela commence par une inspiration... Désolé, allez-y.

Dillon Orr : C'est à peu près tout.

Nicolette Addesa :  Donc, ça commence par une inspiration, peut-être une sorte de devoir social, ou si vous répondez à un besoin, ou si vous donnez une voix aux personnes qui cherchent ce genre de voix. C'est de là que vous tirez votre inspiration.

Je vous ai entendu parler du réseautage ; nous en avons parlé un peu. Vous parlez à diverses entités du monde du théâtre pour savoir ce qu'elles recherchent, quelle est la demande, afin de pouvoir répondre à ce besoin et "vendre" vos spectacles. Parlez-nous un peu de cela. Nous savons que le réseautage est un élément essentiel de l'entrepreneuriat, le partage d'idées, la recherche de partenaires, le recrutement de nouveaux membres d'équipe, tout cela fait partie du réseautage. Nous pensons qu'aujourd'hui, il est plus facile que jamais de se mettre en réseau grâce à toutes les plateformes en ligne à notre disposition, mais j'aimerais savoir comment vous procédez pour vous mettre en réseau ? En face à face, au téléphone, sur l'ordinateur, comment faites-vous ?

Dillon Orr : C'est drôle parce que j'ai l'impression que je n'ai pas créé de réseau ces deux dernières années. Je veux dire que je suis un gars de la scène. Chaque fois que j'essaie de faire quelque chose à l'écran, à la télévision ou autre, je trouve qu'il y a un petit obstacle. Je n'arrive pas à communiquer exactement ce que je veux faire. Dans la vie réelle, sur scène, je sais exactement où je suis. C'est donc surtout dans la vie réelle que j'ai l'occasion de nouer des contacts, et c'est principalement pendant la saison des festivals de théâtre.

Je peux donc aller à un festival, soit pour présenter un spectacle, soit simplement pour voir d'autres spectacles. Les festivals sont un endroit amusant où le public peut voir des pièces de théâtre du monde entier, mais leur but principal est pour les artistes. C'est pour quelqu'un comme moi qui ira trouver des partenaires d'autres villes et qui dira : " Je suis allé voir le spectacle... " par exemple, au Centre national des Arts, ici à Ottawa, il y a le festival Zones théâtrales, c'est un événement biennal, qui a lieu tous les deux ans.

Il s'adresse aux compagnies de théâtre des communautés francophones du Canada et des régions du Québec. C'est-à-dire les compagnies francophones de Vancouver, de Moncton, et tout ça. Vous trouverez des intérêts communs, vous verrez ces spectacles et vous direz : " Ok, c'est un peu comme ce que je fais. Comment pouvons-nous travailler ensemble ? Comment pouvons-nous collaborer ? Quelle subvention pouvons-nous obtenir pour ça ?"

Il y a aussi le... Il change de nom tous les deux ans, donc je ne sais pas, mais il s'appelait autrefois SAIC. Aujourd'hui, il s'appelle le Secrétariat du Québec aux relations canadiennes, je crois. Ils donnent des subventions pour des projets francophones québécois et non-québécois. Alors maintenant, nous commençons à voir nos intérêts communs et à dire : "Ok, mais quelle est la différence entre être une personne queer au Québec et une personne queer au Canada ?".

C'est ce qui nous est arrivé dans l'un des spectacles que je fais en ce moment... La racine de l'histoire est qu'au Québec, ils ne veulent pas que tout soit en français. Le français est une langue extrêmement genrée ; la notion de personne non-binaire est complètement absente la plupart du temps. Nous avons eu de la chance dès le début,

l'anglais n'est pas une langue genrée, et aussi l'anglais est une langue simple et plus facile. Il est plus facile de s'y adapter. Le français, par contre, est compliqué. Je dis souvent que c'est notre force en tant que Franco-Ontariens. Nous connaissons bien les deux réalités, ce qui signifie que nous pouvons adapter la langue française à l'anglais et vice versa.

C'est ce qu'on appelle le code-switching, j'ai l'impression d'avoir fait ça toute ma vie, ou comme disait ma grand-mère, changer de casquette, passer de l'anglais au français.

[rires]

Il s'agit donc de trouver ces points communs lors de ces occasions de réseautage. Malheureusement pour moi, le réseautage sur Internet et/ou par courriel ou par les réseaux sociaux n'est pas mon fort. Je trouve cela plus difficile. Vous avez raison de mentionner le téléphone, car c'est ce que je fais. Je mets mes écouteurs, je vais me promener, puis je passe tous mes appels. C'est une façon de me garder plus active. Je suis capable de travailler et d'établir un réseau au téléphone, mais avec Zoom, j'ai mal à la tête. J'ai toujours l'impression de me regarder,

Je ne veux pas me regarder. Je n'aime pas ça. 

[rires]

Nicolette Addesa : Oui, je comprends très bien.

Je le fais aussi au téléphone, mais Zoom est différent de la réalité. Il y a certains aspects humains qui nous échappent à travers l'écran, donc oui. Merci pour les conseils. Pouvez-vous nous parler d'un défi ou d'un problème inattendu que vous avez rencontré et de la façon dont vous l'avez surmonté ?

Dillon Orr : Problème, défi. Bien sûr, il y en a plusieurs. Je m'attends souvent à obtenir un financement pour un projet, et puis, finalement, le gouvernement change et/ou les priorités changent au Conseil des arts. Alors, le financement n'est plus disponible, et/ou un producteur décide de s'engager dans un autre projet ou dans un projet qui va dans une autre direction. C'est ce que nous constatons souvent aujourd'hui avec COVID. Certaines émissions sur lesquelles je travaillais avant COVID sont plus ou moins obsolètes car cela fait maintenant deux ou trois ans. Dois-je les reprendre maintenant ? Cela dépendra surtout du financement, mais je dirais qu'un énorme obstacle est d'aller devant un public pour la première fois avec un spectacle pour lequel vous avez eu tout le financement parce que vous savez que vous avez fait un excellent travail, vous l'avez répété.

Vous avez passé 200 heures à tout préparer et puis ce n'est pas si bon. Le public est comme, "Oui, ok, bien." C'est difficile parce que j'ai l'impression d'avoir défendu quelque chose pendant si longtemps en pensant que c'était bon. Je pensais que ça répondrait à un besoin. Quand le public ne l'aime pas, je passe les semaines suivantes à me demander : "Ok, pourquoi ? Qu'est-ce que je n'ai pas vu ?" Ce qu'il faut faire, c'est accepter l'échec et se dire : "Ok, mais la prochaine fois, qu'est-ce que je vais faire pour m'assurer que c'est une grande pièce, mais aussi pour commencer à reconnaître ces signes, à reconnaître les faiblesses de certaines pièces."

C'est un peu comme... J'ai hâte de voir les premières pièces après la pandémie, car nous avons été tellement sur nos écrans. Une chose qui, à mon avis, peut tuer le théâtre, c'est qu'il commence à trop ressembler à la télévision ou au cinéma parce que ces choses-là, pour commencer, sont moins chères. En tant que spectateur, si je veux voir un film, mon Dieu, Netflix coûte environ neuf dollars par mois. Je ne vais pas aller dépenser 9 dollars pour un seul billet de théâtre.

Nous avons quelque chose d'unique dans le théâtre, qui est le face-à-face, l'événement. Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour le garder en vie. C'est pour cela qu'on l'appelle souvent maintenant "l'art vivant". Il repose sur les échanges entre la scène et le public ou les artistes et... et tout le reste. C'est difficile, mais il faut continuer. Je ne sais pas où je trouve la force de continuer. J'ai aussi la chance de travailler à mon compte, donc je peux faire une pause quand je veux. Si je n'ai pas envie de prendre des contrats, d'accord, très bien.

C'est ce que je fais souvent en été, je peux prendre beaucoup de temps libre en été pour me ressourcer. Je ne travaille pas beaucoup l'été parce que je n'en ai pas envie. J'ai plutôt envie d'être dehors. S'enfermer dans une pièce sombre pendant une longue période est déprimant.

Nicolette Addesa :  Non, en été, je veux... J'imagine que, même pour vous, pour votre santé, être capable de se reposer un peu, ça doit faire du bien après avoir travaillé autant. Je travaille dans un domaine assez créatif, et même moi j'ai besoin de temps de repos. Pour pouvoir penser à autre chose, trouver de l'inspiration dans des endroits où je ne l'aurais pas cru possible, voir la vie un peu différemment de ce que je fais habituellement.

Cela doit faire du bien.

Dillon Orr : Oui, mais aussi les Arts Councils, la saison artistique va de septembre à avril-mai-juin, quelque part dans cette période. Pendant l'été, ils ont des événements d'été comme des festivals, de la musique, mais aussi des spectacles privés avec des choses comme la soupe et le théâtre, le dîner et les spectacles, et tout ça.

C'est une norme complètement différente, c'est le même syndicat, mais ce sont des accords différents, ce sont des choses différentes. Comme je ne travaille pas dans ce domaine, je me dis : "Parfait, je ne travaillerai pas l'été". 

Nicolette Addesa :  L'été aussi peut être une occasion de consommer de l'art, de participer à tous ces festivals. C'est un peu comme faire une étude de marché, explorer ce qui se passe dans le monde du théâtre aussi. J'imagine que nous ne sommes jamais vraiment au repos si cela fait partie de notre vie. On ne se repose jamais.

Donc, pour conclure, peut-être auriez-vous quelques conseils à donner à nos étudiants qui nous écoutent aujourd'hui ?

Dillon Orr : Parlez à vos professeurs. Même aujourd'hui, cela fait presque dix ans que je suis à l'université, mes mentors sont toujours mes professeurs. J'ai eu la chance de travailler dans un domaine intergénérationnel, et nous l'oublions. Je trouve que souvent, nous, la jeune génération, oublions que d'autres personnes ont fait ce que nous faisons avant nous. Je ne peux même pas dire à quel point je suis plus avancé dans ma carrière que je ne devrais l'être en tant qu'artiste émergent, mais c'est parce que j'ai eu la chance de travailler avec des gens qui ont beaucoup d'expertise, qui m'ont pris sous leurs ailes et m'ont montré comment faire.

J'ai fait des stages, des entreprises et j'ai gagné des prix ; tout cela m'aide, mais mon premier conseil serait de parler à vos professeurs. Allez les rencontrer, puis amusez-vous, surtout. On n'obtient son diplôme qu'une fois.

J'espère. 

[rires]

Nicolette Addesa :  Parfait. Maintenant, nous allons terminer par une partie un peu plus amusante de l'interview. Je vais vous poser quelques questions rapides. Ne pensez pas aux réponses, répondez simplement.

D'accord ? 

[rires] 

Dillon Orr : Ok.

Nicolette Addesa :  Sucré ou salé ?

Dillon Orr : Salé.

Nicolette Addesa :  Trop chaud ou trop froid ?

Dillon Orr : Je préfère avoir froid.

Nicolette Addesa :  Ok. Appel téléphonique ou SMS ?

Dillon Orr : Par téléphone.

Nicolette Addesa : Introverti ou extraverti ?

Dillon Orr : Je dirais extraverti parce que je sais comment être extraverti. Je ne pense pas être extraverti à 100%, mais j'ai étudié la danse, donc je suis bon.

[rires]

Nicolette Addesa :  Lève-tôt ou couche-tard ?

Dillon Orr : Lève-tôt. 

Nicolette Addesa :  La première chose que vous faites en vous levant ?

Dillon Orr : Du café.

Nicolette Addesa :  Une chanson qui vous motive ?

Dillon Orr : Une chanson qui me motive ?

Mon Dieu, je ne sais pas. C'est drôle, mais ces jours-ci je n'écoute pas beaucoup de musique ou j'écoute juste ce qui passe, mais pour le travail ou une chanson qui me motive à travailler, je dirais Chopin.

[rires]

Je ne sais pas si mon cerveau bilingue a trop de mots, mais je ne peux pas travailler avec quelque chose qui a des mots.

Nicolette Addesa :  Fantastique.

Dillon Orr : Quand j'étais plus jeune, je pouvais travailler en français tout en écoutant de la musique, mais maintenant je ne peux plus.

Nicolette Addesa : Oui, je comprends. J'écris pour gagner ma vie. Oui, j'ai besoin de musique sans paroles, parce que moi aussi je me perds dans les mots.

C'est tout ce que nous avions comme questions pour vous aujourd'hui. Merci beaucoup pour votre temps, pour tous vos conseils, vos trucs, vos astuces. C'est tout. Merci beaucoup.

Dillon Orr : Génial. Merci. Merci de m'avoir reçu.

Nicolette Addesa :  Merci beaucoup d'être ici avec nous sur lors de cette série « Le Lien ». Une série qui présente le parcours entrepreneurial de diplômés de l'Université d'Ottawa. Si vous souhaitez écouter d'autres épisodes, abonnez-vous à cette chaîne et appuyez sur le bouton " J'aime " où que vous soyez.

Vous voulez en savoir plus sur le Carrefour de l'entrepreneuriat de l'Université d'Ottawa, l'Association des diplômés ou l'équipe des Relations avec les diplômés ?

Consultez leur site Web ; le lien se trouve dans la description. Merci d'avoir écouté ce clip aujourd'hui, et rendez-vous la semaine prochaine.

[musique]

 

English Translation

[music]


 

[music]

Nicolette Addesa: Welcome to this series called The Link, featuring the entrepreneurial journeys of University of Ottawa graduates from around the world. Stay tuned and find out how our guests from many different walks of life brought their ideas and passions to life. We'll explore the steps they took, the problems they overcame, and the lessons they learned. My name is Nicolette Addesa, and I am a Communication Studies graduate from the University of Ottawa. I will be your host for this series. 

Dillon Orr is a Franco-Ontarian director from the Detroit region. He is a graduate of the Department of Theatre from the University of Ottawa and the National Theatre School of Canada. With a strong interest in the development and production of new plays, Dillon is a recipient of the Paulette Gagnon Award and the RBC National Award of Excellence.

Hello Dillon. Thank you for being with us.

Dillon Orr: Hi. How are you doing?

Nicolette Addesa:  I'm doing great. I'm glad to see you today. Thank you for being here. When I was in school, people would often say, "What are you going to do with your art degree?"

Gradually, not only through these encounters with our graduates but throughout my career, I realize that the question now is, "What can't I do with my art degree?" I think art degrees help us a lot with-- It's given me critical thinking skills, problem-solving skills, resourcefulness skills, all the skills that I use every day.

These are entrepreneurial skills too. My question to you is, do you consider yourself an entrepreneur, and how entrepreneurial are you every day?

Dillon Orr: It's funny to say that because I'm an artist. People often say that those two things don't go well together, but I would say, yes, I'm an entrepreneur. The definition says it's basically taking on a project from the beginning and then following it through to the end.

That's exactly what I do with my projects, my shows, my scripts, everything. That's what has been the strength of that faculty and the theatre program because they touch on a lot of things. The main thing, I must say, is the networking opportunities at that university.

As a Franco-Ontarian, I often say that Ottawa is the Franco-Ontarian capital. They have the strength of numbers, the institutions are there, the associations, they have everything, so networking was much easier for me. 

Nicolette Addesa: I agree, and most of your teachers have had quite interesting careers. You too have had and continue to have quite an interesting career. You have received many awards, I will name a few. You received the Ontario Award in 2016, the RBC National Award in 2019  from the Foundation for the Advancement of Francophone Theatre in Canada. In 2020, you won several awards as well: Coup de foudre du Réseau Ontario, the Coup de foudre scolaire award and the ROSEQ award, plus [?] and the Contact Ontarois 2020. Just recently, in 2021, you won the prestigious Pauline McGibbon award. Congratulations. 

Dillon Orr: Thank you.

Nicolette Addesa:  That's a lot. Everyone agrees that you continue to have a pretty big impact on your industry. Now, I'm wondering what the impact of COVID-19 was on your industry, and how did you manage to adapt?

Dillon Orr: The impact was instantaneous in the sense that when the pandemic hit, we had just completed our first week performing a drama co-produced by the Théâtre français de Toronto and the Théâtre du Nouvel-Ontario, in Sudbury. We had to cut it short. I had actresses from just about everywhere in Canada.

It's funny to say that at that time, we sent them back home, to Moncton, Toronto, Ottawa, Montreal, just about everywhere. It was impossible to do theatre as it involved locking myself up in a room with a lot of people sitting close to each other and telling stories in the dark.

That's how I like to do things and that was not possible at all during the pandemic. I had to readapt and there were many ways I could do that. I focused a lot on writing. Canada and Provincial Arts Councils give grants for writing, research, and creation to artists who are willing to investigate any subject.

That was the first way I readapted. Also, I partnered with the Théâtre du Nouvel-Ontario in Sudbury during the pandemic. At the time, I was living in Toronto, and I took all my stuff and moved up North. I’d worked there before, but it was my first time living there.

The company had to perform during the pandemic, so I decided to revive things and find projects. We did a show called Shack à Patate, which was like, we created a crew with musicians, comedians, clowns, jugglers, you name it, but the public could-- It was free because we had plenty of money. The arts councils kept giving us money, so we had to spend it somehow. It made all of our plays extremely accessible.

There were no entrance fees, no paying for tickets. Also, we didn't know who was going to attend. It was a lot of fun. We could walk around the streets, around the parking lots, people would come up to us and order a three-minute-long clown show or two songs for four minutes or whatever. The main impact was-- In theatre, when working on a script, at the beginning of a project, we do what we call labs.

We lock ourselves in a room with actors, sometimes designers to look at the project in-depth, and ask all the questions. After that, we ask ourselves the question, "Is it worth it? Is it worthy of production? Is it worth continuing with this project right now or is there still something missing?" We couldn't even get together in a theatre, our theatres were unavailable to us. We had to do everything outside. We did one lab outside. It was okay, and that's where the idea of doing radio drama came from.

[laughs]

I called the CBC.

Nicolette Addesa:  Please tell us a little bit more about that.

Dillon Orr: I called the CBC and said, "I have a script, I have actors, I have a lot of things. Would you be comfortable with me exploring my script on your radio, with a ten-minute capsule every week?" Every Wednesday, we would meet, rehearse for three hours. We would work on the script, and then we would record the ten minutes that would be played on the radio next Saturday.

It's the provincial Saturday morning show on Radio-Canada Ontario. We did two. I did two, I did the first version in Sudbury with a script by Michel Ouellet, and with great actors. Then I went to Toronto to do the same thing with the team from the French Theater of Toronto, and with Lara Arabian. She is a great Toronto actress. That was something because I realized that radio dramas were no longer being made.

[laughs]

The first thing we realized was that the contracts and agreements between the artists' unions, the theatre companies' associations, and the CBC, the broadcaster, no longer existed and/or existed only in the s format. That was the last time radio dramas were still being done. So, all that had to be revised, especially since today, everything was online. We had to defend the sustainability of our art by arguing that, "We do theatre, we don't want it to be a show that will be accessible for ten years. That's not what we do." What we do is very time-based. 

It's part of the here and now, more so than on TV or in the movies. There was a lot of work and negotiating involved in finding out the right contract and how to achieve this. It was pretty much the first time I'd worked on that kind of contract, but I learned a lot, and it was fun. It was also fun to do radio differently. I am a Radio-Canada commentator, and I am allowed to express my opinions and sometimes say stupid things on air.

This project was different, it was artistic content, I had to direct the actors and create a unique audio experience. It was completely different, it was fun. Now I have two scripts that have been broadcasted on the radio.

In the fall, I will be performing one of them at the NAC, in person. We're going to use what we created for the radio, and a choreographer will help us find a way to transpose it on stage and see if it's interesting. 

Nicolette Addesa:  Please let me know when it is. I'd love to go see it.

Dillon Orr: Absolutely.

[laughs]

Nicolette Addesa:  Many of us have a business idea simmering in our minds. I'm wondering, how do you go from an idea to reality? Where do you start?

Dillon Orr: When I have ideas, they're not business ideas, they're project ideas. I'm my own business as an artist and I start projects. It can come from many places. There's always going to be an inspiration, that's the easy part, but it's not every day that I’ll be inspired, that an idea will pop into my head while I'm drinking my coffee.

It happens sometimes, it's exciting when it happens. I often look at what's going on with the arts councils to find out what group or topics are currently a priority. I talk a lot with the broadcasters, the people who are going to buy the shows. What is their workforce, their mission? What do they want to achieve with their programs? Would they like to talk about this or that? What kind of artist do they want to see?

These will change whenever the government and the arts council changes. So, right now, I'm working a lot on gender identity. It's trendy, it's fashionable, but also because they greatly need media representation. I have an adult show and a children's show about the same subject, but with different stories. It's just that it's about trans-identity.

For kids, it is about a little nine-year-old boy who came out in 4th grade as a transgender boy and how he does it differently at school, and at home. It's an important show. It's a topic that arts councils, school councils, and the Terres de jeunesse are looking—

Nicolette Addesa:  They're looking for that, I guess.

Dillon Orr: That's it, I'm meeting a demand. For the Ontario Arts Council, gender identity is a priority subject right now. So, that's, I wouldn't say an easy way, to find a topic or to find a form that will sell-- I don't like to use the word sell, but it has to speak to somebody. I can't just do drama for me, and my  friends who are going to come to see me. It has to appeal to a wider audience. 

Nicolette Addesa:  It starts with an inspiration-- Sorry, go ahead.

Dillon Orr: That was pretty much it.

Nicolette Addesa:  So, it starts with an inspiration, maybe some kind of social duty, or if you're meeting a need, or giving a voice to people that are seeking those types of voices. That's where you get your inspiration from.

I heard you speak about networking; we talked about it a little bit. You talk to various entities in the theatre world to see what they're looking for, what the demand is so that you can meet that need and "sell" your shows. Tell us a little bit about that. We know that networking is an essential part of entrepreneurship, sharing ideas, looking for partners, recruiting new team members, it's all part of networking. We think that today, it's easier than ever to network with all the online platforms available to us, but I would like to know how you go about networking? Is it face-to-face, over the phone, on the computer, how do you do it?

Dillon Orr: It's funny because I feel like I haven't networked in the last two years. I mean that I'm a stage guy. Every time I try to do something on screen or TV or whatever, I find that there's a little bit of a hindrance. I can't communicate exactly what I want to do. In real life, on stage, I know exactly where I am. So, I get to network mostly in real-life situations, and that's mainly during theatre festival season.

So, I can go to a festival, either to present a show or just to see other shows. Festivals are a fun place for the public to see dramas from all over the world but their main purpose is for artists. It's for someone like me who will go and find partners from other cities and will say, "I went to see the show--" for example, at the National Arts Centre here in Ottawa, they have the Zones théâtrales festival, it’s a biennial event, that’s every two years.

It's for theatre companies from Francophone communities across Canada and the Quebec regions. That is, the francophone companies from Vancouver, Moncton, and all that. You'll find common interests, you'll see these shows and say, "Okay, this is a little bit like what I do. How can we work together? How can we collaborate? What grant money can we get for that?"

There's also the-- It changes name every two years, so I don't know, but it used to be called SAIC. Today, it's called the Secrétariat du Québec aux relations canadiennes, I think. They give grants for Quebec and non-Quebec Francophone projects. So now we start to see our common interests and say, "Okay, but what's the difference between being a queer person in Quebec and a queer person in Canada?"

That's what happened to us in one of the shows that I'm doing right now-- The root of the story is that in Quebec, they don't want everything to be in French. French is an extremely gendered language; the notion of a non-binary person is completely missing most of the time. We are lucky that from the beginning,

English is not a gendered language, and also English is a simple and easier language. It’s easier to adjust. French, on the other hand, is complicated. I often say that this is our strength as Franco-Ontarians. We know both realities well, which means that we can adapt the French language to English and vice versa.

It's called code-switching, I feel like I've done that all my life, or as my grandmother used to say, changing caps, going from English to French.

[laughs]

So it’s about finding those common points during those networking opportunities. Unfortunately for me, networking on the internet and/or by email or social networks is not my forte. I find it more difficult. You're right to mention the phone because that is what I do. I'll put on my headphones, I'll go for a walk, and then I'll make all my calls. That's a way to keep myself more active. I'm able to work, and network on the phone, but on Zoom, I get a headache. I always feel like I'm looking at myself,

I don't want to look at myself. I don't like that. 

[laughs]

Nicolette Addesa:  Yes, I understand that quite well.

I do it on the phone too, but Zoom is different than in person. There are certain human aspects that we miss out on through the screen, so yes. Thanks for the tips. Can you share may be an unexpected challenge or problem you encountered and how you overcame it?

Dillon Orr: Problem, challenge. Of course, there are several. I often expect to get some funding for a project, and then, finally, the government changes and/or priorities change at the Arts Council. So, the funding is no longer available, and/or a producer decides to commit to another project or to a project that goes in a different direction. We see that a lot these days with COVID. Some show that I was working on before COVID are more or less obsolete because it's been two or three years now. Now should I revisit those shows? That will depend mostly on the funding, but I would say a huge hurdle is going to an audience for the first time with a show where you've had all the funding because you know you did a great job, you've rehearsed it.

You've spent 200 hours making things ready and then it's not that good. The audience is like, "Yes, okay, well." That's hard because I feel like I've been defending something for so long thinking that it's good. I thought it would meet a need. When the audience doesn't like it, I spend the next few weeks asking myself, ''Okay, why? What did I not see?" What you have to do is to accept the failure and say, "okay, but next time, what am I going to do to make sure that it's a great play, but also to start recognizing those signs, to recognize the weaknesses of certain plays."

It's a little like-- I'm looking forward to seeing the first plays after the pandemic because we've been on our screens so much. One thing that I think can kill theatre is if it starts to look too much like TV or movies because those things, for one, are cheaper. As a spectator, if I want to see a movie, my God, Netflix costs about nine bucks a month. I'm not going to go spend 9 bucks on a single theatre ticket.

We have something unique in theatre, which is the face-to-face, event. We have to do everything we can to keep it alive. That's why we often now call it the "Living Arts." It relies on the exchanges between the stage and the audience or the artists and-- and whatever. It's tough, but we have to keep going. I don't know where I find the strength to continue. I'm also lucky enough to work for myself, so I can take a break whenever I want to. If I don't feel like taking on contracts, okay, fine.

That's what I do a lot in the summer, I get to take a lot of time off in the summer to recharge my batteries. I don't do much work in the summer because I don’t want to. I instead want to be outside. Locking myself up in a dark room for a long time is depressing.

Nicolette Addesa:  No, in the summer I want to--I imagine, even for you, for your health, to be able to reset a little, it must feel good after you've been working that much. I work in a fairly creative field, and even I need resting time. So that I can think about something else, find inspiration in places where I wouldn't think possible, see life a little differently than I usually do.

That must feel so good.

Dillon Orr: Yes, but also the Arts Councils, the arts season is from September to April-May-June, somewhere in that time frame. During summer, they have summer events like festivals, music, but also private shows with things like soup and theatre, dinner and shows, and all that.

It's a completely different standard, it's the same union, but it's different agreements, it's different things. Since I don't work in that field, I'm like, "Perfect, I won't be working in the Summer." 

Nicolette Addesa:  Summer too can be an opportunity to consume art, to participate in all these festivals. It's a little bit like doing market research, exploring what's going on in the theatre world too. I guess we’re never really at rest if this is part of our life. We never rest.

So, to wrap things up, maybe you'd have some advice to share with our students listening in today?

Dillon Orr: Talk to your teachers. Even today, it's been almost ten years since I've been in college, my mentors are still my teachers. I was lucky enough to work in an intergenerational field, and we forget that. I find that often we, the younger generation, forget that other people did what we do before us. I can't even say how much further ahead I am in my career than I should be as an emerging artist, but it's because I've been lucky enough to work with people who have a lot of expertise, who took me under their wings and showed me how to do it.

I've done internships, businesses, and won awards; those all help, but my first advice would be to talk to your teachers. Go meet them and then have fun, mostly. We get to graduate just once.

Hopefully. 

[laughs]

Nicolette Addesa:  Perfect. Now we're going to finish off with a little bit of a fun part of the interview. I'm going to ask you some quick questions. Don't think about the answers, just answer.

Okay? 

[laughs] 

Dillon Orr: Okay.

Nicolette Addesa:  Sweet or salty?

Dillon Orr: Salty.

Nicolette Addesa:  Too hot or too cold?

Dillon Orr: I'd rather be cold.

Nicolette Addesa:  Okay. Phone call or text message?

Dillon Orr: Phone call.

Nicolette Addesa:  Introverted or extroverted?

Dillon Orr: I would say extroverted because I know how to be extroverted. I don't think I'm 100% extroverted but I've studied dance, so I'm good.

[laughs]

Nicolette Addesa:  Early riser or late sleeper?

Dillon Orr: Early riser. 

Nicolette Addesa:  First thing you do when you get up?

Dillon Orr: Coffee.

Nicolette Addesa:  A song that motivates you?

Dillon Orr: A song that motivates me?

My God, I don't know. It's funny, but these days I don't listen to music that much or I just listen to whatever is playing, but for work or one that motivates me to work, I’d say Chopin.

[laughs]

I don't know if my bilingual brain is too many words, but I can't work with something that has words.

Nicolette Addesa:  Fantastic.

Dillon Orr: When I was younger, I could work in French while listening to music, but now I can't.

Nicolette Addesa:  Yes, I understand. I write for a living. Yes, I need music without words, because I too get lost in words.

That's all the questions we had for you today. Thank you so much for your time, for all your advice, your tips, your tricks. That's it. Thank you so much.

Dillon Orr: Awesome. Thank you. Thank you for having me.

Nicolette Addesa:  Thank you so much for being here with us on the Link. A series featuring the entrepreneurial journeys of University of Ottawa alumni. If you'd like to listen to more episodes, subscribe to this channel and hit the "Like" button wherever you are.

Want to know more about the University of Ottawa Entrepreneurship Hub, the Alumni Association, or the Alumni Relations Team?

Check out their website; the link is in the description. Thank you for listening to this clip today, and let's link up again next week.

[music]